L'histoire du cépage Côt
Le Côt , c’est pas un cépage. C’est un caractère. Un peu râpeux au premier contact. Un peu sombre sur les bords. Mais quand tu prends le temps de le mâcher, il te colle un souvenir plein la bouche. L’autre jour, un verre de Côt posé devant moi. Pas de fioriture. Pas d’étiquette qui crie. Juste un rouge sombre, presque opaque, comme une nuit sans lampadaire. Je le sens, je goûte. Et là, je me dis : Mais pourquoi on parle si peu de ce cépage ? Parce que le Côt, on le connaît sous un autre nom. Un nom plus lisse. Plus exportable. Malbec. Mais ici, dans le Sud-Ouest, il s’appelle Côt. Et ce n’est pas un détail. Le Côt, c’est un vin qui marche en grosses chaussures. Il n’entre pas sur la pointe des pieds. Au nez : la mûre écrasée sur un jean, la prune noire, parfois le cuir, la terre chaude, le poivre et ce petit fond sombre, presque sanguin. En bouche, c’est une matière. Pas une idée. Une texture. Ça accroche un peu les gencives quand il est jeune. Ça serre la main franchement. Mais...