L'histoire du cépage Chardonnay
Le Chardonnay, ce caméléon en chemise blanche. Le Chardonnay, c’est ce pote discret qui finit toujours par voler la soirée. Pas le plus bavard. Pas le plus tatoué. Mais quand tu rentres chez toi, c’est de lui que tu te souviens. J’écris cette note parce que le Chardonnay est mal compris. Trop vu, trop bu, trop caricaturé. “Ah non, moi j’aime pas le Chardonnay, c’est trop boisé.” Phrase entendue mille fois, souvent entre deux gorgées de rosé tiède. Sauf que non. Le Chardonnay, ce n’est pas un goût. C’est une matière, un terrain de jeu. Une toile blanche qui prend la couleur de ce qu’on lui donne. Le climat, la main du vigneron. Le silence ou le bruit du bois. Un Chardonnay peut sentir : le beurre noisette qui chante dans la poêle, une pomme coupée en deux sur la table de la cuisine, la craie humide sous les baskets, la brioche encore tiède du dimanche matin ou le citron pressé sur des huîtres, un soir de vent. En bouche, il peut être : tendu comme un fil de funamb...