L'histoire du Pornstar Martini
Il y a des cocktails qui entrent dans une pièce avant toi. Le Pornstar Martini fait partie de ceux-là. Je l’ai revu l’autre soir, posé sur un comptoir collant de fin de service, dans un verre trop froid pour être honnête.
Jaune solaire. Mousseux comme une promesse. À côté, son éternel acolyte: un shot de prosecco, servi à part, comme un clin d’œil coquin.
Le Pornstar Martini, c’est un cocktail qui divise. Pour certains, c’est le symbole des années 2000 : soirées vodka-redbull, talons trop hauts, playlists douteuses, sucre à tous les étages. Pour d’autres, dont moi, aujourd’hui, c’est un vrai marqueur culturel. Un cocktail qui raconte une époque, une ville, une envie très précise : le plaisir sans excuse.
L’histoire (promis, sans costume trois-pièces):
Retour à Londres. Début des années 2000. Un type s’agite derrière les bars les plus cools de la ville : Douglas Ankrah. Douglas, c’est le genre de mec qui pense le cocktail comme un show, une émotion, une claque. En 2002, dans son bar The Townhouse, il crée un drink d’abord appelé… le Maverick Martini. À l’origine, il s’inspire d’un club de strip-tease sud-africain (oui, vraiment). Puis il change le nom. Parce que parfois, il faut appeler un chat un chat, et un cocktail sexy… un Pornstar Martini. Le scandale fait le job. Mais le goût aussi. Et c’est là que tout bascule.
Le Pornstar Martini, quand il est bien fait, ça sent la chair du fruit de la passion, le sucre acidulé qui te pique la langue, la vanille qui arrondit les angles comme une lumière dorée en fin de journée. En bouche, c’est un contraste permanent : le velours, l’acidité, la fraîcheur, le shoot de prosecco qui arrive comme un éclat de rire mal placé. C’est excessif, mais maîtrisé. Un peu comme un morceau de pop bien produit.
La recette (version respectueuse, pas carnaval). Parce que oui, ça mérite mieux qu’un shaker massacré.
Ingrédients :
40 ml de vodka (propre, nette, sans chichis).
20 ml de liqueur de fruit de la passion (Passoã ou mieux).
20 ml de jus de fruit de la passion frais.
10 ml de sirop de vanille (maison si possible).
1 demi-fruit de la passion (pour la beauté du geste).
Prosecco bien frais, servi à part.
Méthode :
Tout (sauf le prosecco) dans un shaker avec de la glace, Shake franc, pas timide. Filtrer dans un verre martini bien froid. Déposer la demi-passion comme un bijou. Servir le prosecco à côté, libre à chacun de le boire ou de le verser.
Important :
le prosecco n’est pas là pour noyer le cocktail. Il est là pour réveiller la fête.
On reproche souvent au Pornstar Martini d’être trop sucré, trop facile, trop “pas sérieux”. Mais depuis quand le plaisir doit-il s'excuser ? Ce cocktail ne cherche pas à impressionner les puristes.Il cherche à faire sourire, danser, oublier l’heure. Et franchement, dans un monde qui adore compliquer le simple, un verre qui assume d’être hédoniste, c’est presque politique.
Le Pornstar Martini, ce n’est pas un cocktail de dégustation silencieuse.
C’est un cocktail de moment. Un verre qui dit : “Ce soir, on ne fait pas semblant.” Et parfois, c’est exactement ce qu’il nous faut. À la tienne.
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