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Affichage des articles associés au libellé Histoires des cocktails célèbres

L'histoire du Pornstar Martini

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Le Pornstar Martini , ou l’élégance en talons hauts. Il y a des cocktails qui entrent dans une pièce avant toi. Le Pornstar Martini fait partie de ceux-là. Je l’ai revu l’autre soir, posé sur un comptoir collant de fin de service, dans un verre trop froid pour être honnête. Jaune solaire. Mousseux comme une promesse. À côté, son éternel acolyte: un shot de prosecco, servi à part, comme un clin d’œil coquin. Le Pornstar Martini, c’est un cocktail qui divise. Pour certains, c’est le symbole des années 2000 : soirées vodka-redbull, talons trop hauts, playlists douteuses, sucre à tous les étages. Pour d’autres, dont moi, aujourd’hui, c’est un vrai marqueur culturel. Un cocktail qui raconte une époque, une ville, une envie très précise : le plaisir sans excuse. L’histoire (promis, sans costume trois-pièces): Retour à Londres. Début des années 2000. Un type s’agite derrière les bars les plus cools de la ville : Douglas Ankrah. Douglas, c’est le genre de mec qui pense le cocktail ...

L'histoire du Screaming Orgasm

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La première fois que j’ai entendu “Screaming Orgasm”, c’était dans un bar trop éclairé pour être honnête, un soir où la musique collait aux verres et où personne ne regardait vraiment l’heure. Un nom qui claque. Un peu vulgaire, un peu drôle. Et surtout : impossible à oublier. Un cocktail qui ne chuchote pas. Je ne vais pas te mentir. Ce cocktail, je ne l’ai pas commandé pour son équilibre aromatique ou sa place dans l’histoire de la mixologie classique. Je l’ai commandé pour le sourire du barman. Pour la réaction autour du comptoir. Pour ce petit moment de gêne joyeuse, presque adolescente, quand un mot dépasse la bienséance. Le Screaming Orgasm, c’est ça avant tout : un cocktail qui ne fait pas semblant, qui assume le clin d’œil graveleux et la gourmandise sans filtre. Flashback : années 80, moquette épaisse et néons fatigués. On est quelque part dans les années 1980. Là où les bars sentent encore la fumée froide, la laque et les espoirs un peu flous. La vodka...

L'histoire du Long Island Iced Tea

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Abonne toi gratuitement Long Island Iced Tea , le cocktail qui fait semblant d’être sage On dirait un thé glacé. Il n’en a jamais été un. Et c’est précisément pour ça qu’on l’aimes. Je l’ai longtemps snobé, ce cocktail. Trop vu. Trop mal fait. Trop associé à des verres en plastique, des pailles fluo et des lendemains difficiles. Et puis un soir, sans prévenir, il est revenu me chercher. Un comptoir en bois un peu collant. Une lumière jaune fatiguée. Un barman qui sourit en coin et qui me dit : « Tu veux un vrai Long Island ? »Pas un truc bourrin. Un truc équilibré.Presque élégant. Je dis oui. Évidemment. Un cocktail né pour tricher. Le Long Island Iced Tea, c’est un menteur professionnel. Il serait né au début des années 1920, en pleine Prohibition, sur Long Island, New York. À une époque où boire de l’alcool relevait plus de la contrebande que de l’apéro. L’idée ? Créer un cocktail chargé en alcool, mais visuellement inoffensif. Une boisson qui ressemble à un thé glacé pour ne pas att...

L'histoire du Bloody Mary

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Un verre rouge. Épaisse. Un peu louche. Et pourtant… indispensable. Le Bloody Mary , c’est le seul cocktail qui ressemble à un plat. Ou l’inverse. Un truc qu’on boit à midi sans honte, avec des lunettes de soleil sur le nez et la gueule encore froissée de la veille. Un cocktail qui pique, qui réveille, qui soigne. Un cocktail qui ne cherche pas à séduire tout le monde. Et c’est exactement pour ça que je l’aime. Je suis attablé à un café un dimanche midi. Table en bois brut. Odeurs de café noir, de bacon, de pain grillé. Quelqu’un commande un Bloody Mary. Le serveur ne sourit même pas. Il hoche la tête. Comme si c’était une évidence. Un peu d’histoire (promis, pas chiant): Retour en arrière,Paris. Années 1920 au Harry’s New York Bar. Oui, Paris. Pas New York. Comme souvent avec les légendes. Un barman américain exilé, Fernand “Pete” Petiot, commence à mélanger vodka et jus de tomate. À l’époque, la vodka est encore une étrangère en Europe. Le mélange surprend, intrigue, dérange un peu. ...

L'histoire du Singapore Sling

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Abonne toi gratuitement Un cocktail en costume blanc, moite sous le ventilateur, quelque part entre le mythe et la carte postale. Il y a des cocktails qui claquent. Et puis il y a ceux qui suintent. Le Singapore Sling , lui, ne claque pas. Il transpire doucement dans un verre trop grand, rose trouble, glace fatiguée, cerise rouge vif qui flotte comme un souvenir un peu kitsch. Et pourtant. Quel mythe. Tout commence par une chaleur épaisse de Singapour. Début du XXᵉ siècle.Coloniale, moite, corsetée. Nous sommes vers 1915, au Raffles Hotel, sous les pales lentes du Long Bar. Des hommes en costume clair. Des femmes qui n’ont pas le droit de boire de l’alcool en public. Alors Ngiam Tong Boon, barman du lieu, a une idée aussi simple que brillante : créer un cocktail qui ressemble à un jus de fruits, mais qui cogne doucement. Du gin, évidemment. Un peu de liqueur de cerise. Des agrumes. Une couleur rose pour tromper la bienséance. Le Singapore Sling est né. Un cocktail déguisé....

L'histoire de l'Expresso Martini

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Il est 23h00. La lumière est basse, la musique un peu trop forte, et quelqu’un, quelque part derrière le bar, fait claquer un shaker comme on réveille une nuit trop sage. Dans le verre : noir profond, mousse fine, trois grains de café posés comme un clin d’œil. L’Espresso Martini arrive. Et tout le monde se tait une demi-seconde. Je ne sais pas pour toi, mais pour moi l’Espresso Martini, c’est le cocktail des nuits qui refusent de mourir. Pas encore un digestif. Plus vraiment un apéro. Un entre-deux. Un pont suspendu entre la caféine et l’ivresse. L’histoire (vraie, pas mythifiée) Retour dans les années 80, Londres. Pas la carte postale. Le Londres électrique, nocturne, clubbing, néons, DJ qui transpirent, mannequins fatiguées et bars qui ne dorment jamais. Au départ, il ne s’appelait même pas Espresso Martini. Chez Dick Bradsell, à Londres, on parlait simplement de Vodka Espresso. Le mot Martini n’était pas une recette, mais une silhouette : ce verre conique, élégant, dev...

L'histoire du lait de poule

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Le Lait de Poule , ou comment une boisson médiévale est devenue un câlin liquide Abonne toi gratuitement Il y a des boissons qui sentent Noël. D’autres qui sentent la nostalgie. Et puis il y a le lait de poule , qui sent carrément la couverture qu’on remet sur ses épaules quand la journée a été longue. Je t’écris ça une tasse encore tiède entre les mains, pendant que le monde dehors fait semblant de se réveiller. Et dans ma tête, une question un peu bizarre : qui, un jour, s’est dit : “tiens, et si on mélangeait du lait, des œufs crus et de l’alcool… pour se réchauffer ?” Spoiler : un génie. Un fou. Un poète de la rusticité. Retour dans le temps : quand l’Angleterre mélangeait tout ce qui lui tombait sous la main. Le lait de poule, ça ne vient pas d’un chalet américain, ni d’un film de Noël avec des pulls moches. Non. Ça vient de l’Angleterre médiévale, une époque où les gens faisaient bouillir des chaudrons, portaient des capes, et utilisaient le mot posset pour désigner ...

L'histoire du Daiquiri

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Abonne toi gratuitement Le Daiquiri n’a jamais eu peur de la lumière Si ce que vous venez de lire vous a parlé, un like ou un commentaire est toujours le bienvenu. C’est le genre de petit geste qui réchauffe autant qu’un bon verre bien servi. Il y a des cocktails qui jouent les divas. Et puis il y a le Daiquiri. Lui, c’est un rayon qui fend les nuages. Simple. Franc. Sans maquillage. Juste du rhum, du citron vert, du sucre. Le strict minimum pour dire la vérité. L’histoire commence dans une chaleur qui colle aux tempes.  Cuba, fin du XIXᵉ siècle. L’air tremble, les mines de fer tournent au ralenti, les Américains débarquent après la guerre hispano-américaine. Dans le village côtier de Daiquirí, un ingénieur nommé Jennings Stockton Cox, chemise trempée, moustache d'époque, tente d’avoir l’air plus digne qu’il ne l’est. Cox organise une réception improvisée pour des collègues. Il fouille son armoire à bouteilles : plus de Gin. Catastrophe sociale en approche. Sur la table...

L'histoire du Irish Coffee

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Abonne toi ☕🔥 Irish Coffee : la chaleur qui traverse l’hiver Il y a des boissons qui ne se boivent pas : elles vous prennent dans les bras. L’Irish Coffee fait partie de celles-là. Un truc simple, presque ancien, mais qui vous attrape comme une chanson qu’on croyait avoir oubliée, une guitare sèche au coin du feu, un pull trop grand, une lumière qui jaunit tout doucement les meubles. Et voilà que je me suis mis à repenser à lui. À ce verre qui fume, qui flotte entre deux mondes : le café du matin et le whisky du soir. D’où ça m’a pris ? Je suis tombé sur un vieux carnet de recettes. Le genre de cahier écorné, taché de café, qu’on retrouve dans un tiroir de cuisine où personne ne va jamais. Entre une liste de courses et une idée de gâteau jamais réalisée, il y avait cette ligne : “Irish Coffee, faire comme à Foynes.” L’Irish Coffee, à la base, c’est l’histoire d’un hydravion transatlantique qui se fait surprendre par une météo pourrie en 1943. Demi-tour, passagers frigorifi...

Le Negroni

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Dans le rouge du Negroni Il y a des soirs où tu n’as pas envie de bulles, ni de mojito sucré, ni de grands crus pompeux. Tu veux juste quelque chose de net. D’amer. D’élégant. Un verre qui claque comme une gifle, mais laisse derrière lui une caresse. C’est là que le Negroni arrive. Ce rouge incandescent, traversé par la glace, qui s’impose comme un coucher de soleil liquide. Florence, 1919 — ou comment un caprice devient une légende Imagine la scène : le Caffè Casoni, les fauteuils en cuir un peu élimés, le bruit des chaussures vernies sur le carrelage, et derrière le bar, un certain Fosco Scarselli. Arrive le comte Camillo Negroni, un dandy aventurier qui a roulé sa bosse entre l’Amérique et l’Europe, connu pour son goût du rodéo (oui, un comte italien cow-boy, la classe ou le ridicule, à toi de voir). Le type est fatigué de l’Americano, ce cocktail déjà bien populaire (vermouth, Campari, eau gazeuse). Trop sage, trop civilisé. Alors il lance : — « Fosco, fais-le plus fort...

L'histoire du Mojito

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Bienvenue à bord ! Un grand merci à tous ceux qui viennent de nous rejoindre 🍷 Si cette newsletter (ou une note en particulier) vous plaît, n’hésitez pas à la partager avec un ami : le bouche‑à‑oreille, c’est ce qui fait vivre Les Dégustations Ugo. Mojito, l'histoire liquide d'un sort cubain Le bruit sec des glaçons contre le verre, la menthe qu’on froisse du bout des doigts, ce parfum de citron vert qui éclabousse l’air… Avant même la première gorgée, tu es ailleurs. Cuba, peut-être. Ou un souvenir inventé. Le Mojito n’a jamais vraiment eu d’acte de naissance, plutôt une série de coups de dés. XVIᵉ siècle : des marins de Francis Drake écopent d’un rhum primitif, le tafia, mélangé à du sucre, de la menthe et du citron pour tenir le scorbut à distance. Un breuvage baptisé El Draque, sans glamour mais avec un vrai pouvoir : celui de remettre les hommes debout. Le temps passe, la canne à sucre se raffine, le tafia devient rhum, et sur l’île, cette potion gagne en douc...

L'histoire du Spritz

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L’amertume en terrasse Ou comment un verre orange est devenu un cri d’été Bienvenue à bord ! Un grand merci à tous ceux qui viennent de nous rejoindre 🍷 Si cette newsletter (ou une note en particulier) vous plaît, n’hésitez pas à la partager avec un ami : le bouche‑à‑oreille, c’est ce qui fait vivre Les Dégustations Ugo. Ça commence par un verre qui claque contre le zinc. Ou peut-être par une gorgée prise trop vite, sous le soleil qui tape. Il y a du bruit, des rires, un peu de moiteur dans l’air. Et ce goût, toujours, qui surprend : amer, pétillant, presque médicinal. Un goût de vacances qui aurait mordu une écorce d’orange. Le Spritz, c’est pas juste une boisson. C’est une couleur. Un appel à la dolce vita. Une carte postale qui s’envoie elle-même, avec vue sur Venise ou sur un rooftop parisien. Mais il n’est pas né sur Instagram. Retour en arrière. XIXᵉ siècle. Les soldats autrichiens occupent le nord de l’Italie. Ils trouvent les vins locaux trop costauds, trop alcooli...

Martini : un verre qui voyage

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Martini : un verre qui voyage Un Martini, ça ne se boit pas. Ça s’habite. La lumière qui s’accroche au liquide pâle, les glaçons qui s’entrechoquent comme des grelots fatigués, et cette promesse de début de soirée, un peu élégante, un peu canaille. Tout commence à Turin, 1863. Alessandro Martini, négociant flairant les tendances, et Luigi Rossi, herboriste aux doigts tachés de plantes, assemblent un vin blanc et une cinquantaine d’herbes mystérieuses. Résultat : un vermouth raffiné, sucré, amer, qui ne ressemble à rien d’autre. Dans une Italie en train de s’inventer moderne, leur boisson devient la bande-son des cafés bourgeois. Mais très vite, il faut choisir sa partition. Le Martini Rosso, premier né, sombre et caramélisé, infusé de plantes amères, joue la carte de la profondeur. Il sent le bois, la chaleur, la fin d’après-midi en hiver. Puis arrive le Bianco, plus clair, plus doux, comme une caresse estivale. Vanille discrète, notes florales, un verre de soleil liquide. ...

La Piña Colada

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Soleil liquide Il y a des cocktails qui goûtent la fête sans qu’on ait besoin d’expliquer. La Piña Colada fait partie de ceux-là. Avant même qu’elle n’arrive au comptoir, tu entends déjà le bruit sourd du blender, les glaçons qui se brisent, et quelque part derrière, une radio qui crache un vieux tube de salsa. Porto Rico, fin des années 50. L’histoire hésite entre deux ou trois barmen qui se disputent la paternité du mélange. Mais peu importe lequel a appuyé en premier sur le bouton du mixer : dans le verre, il y avait déjà une idée simple et géniale. Du rhum blanc, pour la chaleur. Du lait de coco, pour la caresse. Du jus d’ananas, pour le soleil. Trois gestes, et le monde entier basculait dans une carte postale. Boire une Piña Colada, c’est comme croquer un souvenir qui n’est pas forcément le tien. Des vacances inventées, des palmiers qui dansent sur fond d’océan turquoise, une chemise à fleurs qui colle un peu à la peau, et le sable chaud qui fait grincer tes sandales e...