L'histoire du Saké
Le saké , c’est du riz qui a fait un rêve. Un rêve humide, chaud, presque charnel. Un rêve de cave obscure et de vapeur blanche. Un rêve où les grains se mettent à parler. J’étais assis à une table bancale, quelque part entre le brouhaha d’un bar et mes propres pensées. Pas au Japon, juste ici. Le serveur a posé la coupelle sans discours, comme on dépose une bougie dans une église vide. On ne s’est rien expliqué. On a laissé faire. Le liquide était clair. Presque timide. J’ai bu. Et, chose étrange, le monde a baissé le volume. Les conversations sont devenues du velours. Les néons, des lucioles.Ça sentait la poire blanche, le riz chaud. La texture ? Une caresse. Le goût ? Une phrase qu’on comprend sans connaître la langue. Je n’étais plus dans un bar. J’étais dans une sensation. J’ai compris ce soir-là que ce qu’on m’avait servi toute ma vie sous le nom de “saké” dans les restos chinois… c’était comme appeler une cassette VHS un film de Terrence Malick. Le s...