L'histoire du Bloody Mary
Un verre rouge. Épaisse. Un peu louche. Et pourtant… indispensable. Le Bloody Mary , c’est le seul cocktail qui ressemble à un plat. Ou l’inverse. Un truc qu’on boit à midi sans honte, avec des lunettes de soleil sur le nez et la gueule encore froissée de la veille. Un cocktail qui pique, qui réveille, qui soigne. Un cocktail qui ne cherche pas à séduire tout le monde. Et c’est exactement pour ça que je l’aime. Je suis attablé à un café un dimanche midi. Table en bois brut. Odeurs de café noir, de bacon, de pain grillé. Quelqu’un commande un Bloody Mary. Le serveur ne sourit même pas. Il hoche la tête. Comme si c’était une évidence. Un peu d’histoire (promis, pas chiant): Retour en arrière,Paris. Années 1920 au Harry’s New York Bar. Oui, Paris. Pas New York. Comme souvent avec les légendes. Un barman américain exilé, Fernand “Pete” Petiot, commence à mélanger vodka et jus de tomate. À l’époque, la vodka est encore une étrangère en Europe. Le mélange surprend, intrigue, dérange un peu. ...